Séverine Carreau, Li So, et Paul Bejannin, photographes, ont suivi plusieurs mois durant le quotidien de femmes sans-abri à Paris. Matinées à la Halte femmes, errance dans les rues, bus transportant vers le centre de Nanterre, attente la nuit Gare de Lyon…

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Leurs lieux

Le bus

Il transporte chaque jour les personnes sans-abri, hommes et femmes, au centre d’hébergement de Nanterre. Premier départ à 15h, second à 17h. Pour les femmes qui, faute de places, restent à quai, ce sera l’errance toute la nuit.

La Halte femmes

Unique accueil de jour spécifiquement dédié aux femmes dans Paris, c’est un lieu refuge où les femmes viennent chaque matin. Elles peuvent y prendre un petit-déjeuner, se doucher, se reposer, laver leurs affaires et trouver conseils, orientation et accompagnement d’une équipe de professionnels.

Gare de Lyon

C’est l’endroit où de nombreuses femmes trouvent refuge, le soir venu et jusqu’à la fermeture de la gare à 2h30 du matin. Assises dans les halls, elles peuvent s’y mêler aux voyageurs en attente, et s’y sentir quelque peu protégées.

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Les Photographes

Paul Béjannin

En 2016, Paul décide de mettre entre parenthèse sa carrière d’informaticien pour se consacrer à la photo et rentre à l’école de l’EMI-CFD. Son sujet de fin d’année porte sur les personnes hébergées dans les hôtels gérés par le Samusocial de Paris. Passionné par les questions sociales, Paul a promené son objectif dans la jungle de Calais, le centre humanitaire d’accueil de Porte de la Chapelle ou encore dans les bidonvilles d’Ile-de-France. Durant quatre mois, il a suivi des femmes sans-abri.

"La photo sert pour moi à faire passer des messages. Ce qui m’intéresse en général, ce sont les gens qui ne rentrent pas dans le système, dans une case bien précise. La situation des personnes sans-abris m’a toujours touché, j’avais fait quelques maraudes mais ça avait été trop court. Participer à ce projet était l’occasion de plonger dans cet univers et de comprendre un peu mieux la situation."

Séverine Carreau

Diplômée de l’EPSAA en communication visuelle, Séverine Carreau intègre en 2016 la filière de photojournalisme de l’EMI-CFD. Elle arpente depuis 10 ans l’Asie du sud-est où elle photographie des tranches de vie. Cela la mène à une réflexion sur les inégalités entre les individus et décide dans sa propre ville, Paris, de partager le quotidien de ceux qui n’ont rien. Elle concentre son travail sur les problématiques sociales, sociétales, les thématiques humanistes et les questions relatives à l’exclusion sociale. "Je ne connaissais que très peu de femmes à la rue, elles sont plus difficiles d’accès pour diverses raisons : elles se cachent souvent, et parfois ne sont pas repérables, car être SDF n’est pas écrit sur leurs visages. Ça a été pour moi l’occasion de pouvoir les rencontrer, de voir à quel point cette réalité est dure et qu’il faut absolument mettre plus de choses en place pour alléger leurs souffrances. Elles sont d’une dignité et d’un courage époustouflants. Malgré les refus quotidiens de logement, les estomacs parfois vides, le charabia des administrations... elles se battent tous les jours parce qu’elles ont cette foi et ce courage qui les anime : demain sera forcément meilleur ! "

Li So

Biologiste de formation, Li So a un parcours dans le secteur de la santé publique, notamment au service de la coopération internationale sanitaire. Elle collabore aujourd’hui à des projets de développement et de solidarité en apportant également son regard par la photographie.

"Différents sentiments m’ont traversée, notamment de la révolte et de la peine en raison des épreuves qu’elles ont vécues, évoquées pudiquement, un abattement et de l’impuissance face aux obstacles qu’elles doivent affronter aujourd’hui, dans un système à la fois structuré et absurde dont elles doivent décrypter les règles pour avancer. Je suis également admirative de toutes les personnes qui mettent leur énergie au service de ces femmes, tous ces maillons de la chaîne qui permettent que des solutions prennent forme. De ma rencontre avec Laura notamment, je retiens que derrière les circonstances qui fixent des limites, qui les cantonnent à un certain rôle et leur collent une étiquette, ces femmes sont fortes, volontaires, courageuses, pleines de talents, de joie, de générosité et d’espoir, pour elles et pour les autres."

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